12 mai 2007

Critique
Une Carmen à l'âme sanguine
LE MONDE | 11.05.07 | 14h39

La nouvelle production de Carmen au Châtelet a bien failli être une Arlésienne. Pressenti dans la fosse, après son triomphe dans ce même théâtre en 2003 dans Les Troyens de Berlioz, le chef d'orchestre britannique John Eliot Gardiner - jugé trop cher par la direction - a finalement été remplacé par le Français Marc Minkowski. Choisie pour la mise en scène, la Française Sandrine Anglade s'est vue remerciée à quelques semaines des répétitions, le décor étant soudainement devenu irréalisable et trop onéreux (Le Monde du 9 mars). C'est donc une production réalisée par l'Autrichien Martin Kusej pour le Staatsoper Unter den Linden de Berlin en décembre 2004 qui est finalement proposée. Ou plutôt, précise-t-on dans le programme, celle remontée par Elena Tzavara d'après Martin Kusej.

Dans cette production, on cherche en vain une espagnolade, hormis le cortège des toreros de la corrida finale. Cette Carmen a une âme de pierre. Blockhaus enfoui dans le sable, à la fois garnison des soldats et usine-lupanar des cigarières, château d'eau pour l'orgie dans la taverne de Lillas Pastia, église désaffectée du repaire de brigands et désert de sable blanc pour le meurtre de Carmen aux arènes de Séville.
Cette Carmen teutonne a de la testostérone. Les hommes sont de vrais hommes, les femmes aussi. Les autres sont des filles. Martin Kusej les aime en sous-vêtements (plus quelques garçons), on le sait depuis les poupées de cire qui peuplaient son Don Giovanni salzbourgeois. Cette fois, ce sont des poupées sonores qui se battent en soutien-gorge, bas et jarretières. Car cette Carmen est avant tout celle de Mérimée, âpre et dure.
Elle débute avec l'exécution de Don José, par laquelle elle se terminera. Elle expose le corps ensanglanté d'Escamillo encorné par un taureau au moment où Carmen se fait poignarder. Elle montre même la mort de Micaëla, qui n'existe ni dans Bizet ni dans Mérimée, tuée d'une balle perdue par Don José. On l'a compris, il n'y a pas beaucoup d'amour dans Carmen. On tue, on vole, on copule en noir et blanc fuligineux.

SEXUEL, JAMAIS VULGAIRE

La couleur est dans la fosse avec le chef Marc Minkowski. Son orchestre a le verbe haut d'un Tartarin de Tarascon. Il nous livre un drame vécu, empoigné à la lettre, sanguin et puissant, sexuel, jamais vulgaire. C'est un orchestre ogre qui ne crache pas dans la soupe naturaliste. Les choeurs ont cette rage de chanter et de bouger, qui fait du bien, et les enfants du choeur Sotto Voce sont adorablement craquants.
Le ténor italien, Giuseppe Filianoti, ayant déclaré forfait il y a quelques mois, a été remplacé par l'Autrichien Nikolai Schukoff, qui campe un Don José un peu raide dans les aigus et court de ligne, mais très juste dans son rôle de victime (les dialogues parlés ont le mérite de montrer à quel point cet homme est humilié). On s'étonnera que la parfaite Micaëla de Genia Kühmeier ne parvienne pas à émouvoir davantage. Au contraire du Néo-Zélandais Teddy Tahu Rhodes, colosse qui n'a certes pas la voix d'argile. Son "air du toréador", pris comme un grand récit de tragédie, a des allures quasi hallucinatoires.
Dans le rôle-titre, la Française Sylvie Brunet était annoncée comme une révélation. C'est en effet une Carmen férocement nocturne, immensément noire, une belle et chaude voix de mezzo, qui n'hésite pas à poitriner dans les graves (un peu trop). Mais était-il besoin d'en faire une veuve de l'amour affublée comme une mère maquerelle ? Quant aux seconds rôles - Gaële Le Roi, François Lis, Nora Sourouzian, Alain Gabriel, François Polino, Boris Grappe -, ils sont tous de première qualité.

Carmen, de Georges Bizet. Avec Sylvie Brunet, Nikolai Schukoff, Teddy Tahu Rhodes, Genia Kühmeier, Martin Kusej (mise en scène), Jens Kilian (décors), Heidi Hackl (costumes), Reinhard Traub (lumières), choeur d'enfants Sotto Voce, choeur et orchestre Les Musiciens du Louvre-Grenoble, Marc Minkowski (direction).
Théâtre du Châtelet, place du Châtelet, Paris-1er. M° Châtelet. Le 10 mai. Prochaines représentations les 12, 15, 17, 22, 26, 28 mai à 19 h 30, le 20 à 16 heures. Tél. : 01-40-28-28-40. De 10 € à 120 €. Diffusé sur France Musique le 14 juin à 20 heures. Sur Internet : www.chatelet-theatre.com.

Marie-Aude Roux
Article paru dans l'édition du 12.05.07

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29 avril 2007

Le Malade Imaginaire (Comédie Française)

La presse en parle :

« Molière, Dupin et Gounod…

Marc-Olivier Dupin soigne « Le Malade Imaginaire ». Qui l’ignore l’arrivée de Marc-Antoine Charpentier dans la barque de Molière pour le Malade Imaginaire… marque un tournant dans l’histoire de la comédie-ballet, jusqu’alors chasse gardée du gredin Lully. La disparition dudit Molière change cependant très vite la donne. Au cours du 19ème siècle et de la majeure partie du 20ème siècle Charpentier est oublié au profit de diverses tentatives : Offenbach, Jolivet, Auric, Michel Magne…Marc-Olivier Dupin enfin !

Et nous voici débarrassés des cassettes de « musique actuelle » et de leurs décibels ! Dupin est plus sage et se met dans les pas d’un baroque révisé, soit une viole de gambe (Emmanuelle Guigues), un clavecin (Véronique Sourisse) et des chanteurs professionnels : Carole Ségura Kremer (soprano), Cornelia Schmid (alto), Christophe Ferveur (ténor)... Grappes de notes sur telle ou telle silhouette, indistinct et lointain tonnerre ou grondement, puis, à trois reprises, divertissements avec ombres chinoises, avec le morceau du maître de musique et d’Angélique qui  redit la pièce dans la pièce comme dans Hamlet le miroir des comédiens. Enfin le final avec chœur a capella scandant des formules latines de médecin bidon,  motet fugué et sacre d’Argan intronisé en self doctor. Quel bonheur que cette musique et ses interprètes bien vivants sur scène et qui accompagnent la parole dans ce grand chef-d’œuvre de Molière, farce et mélancolie ! »

Claude Glayman  - La Lettre du Musicien

Le Malade Imaginaire (Quelle santé ce Molière !)

 

…La mise en scène de Claude Stratz est remarquable

d’intelligence. Elle saute avec allégresse de la bouffonnerie

au tremblement maîtrisé, dominée par le jeu tout en nuance

d’A. Pralon … L’une des nouveautés réside dans l’apparition d’inquiétants Polichinelles, et surtout dans la musique de M.O.Dupin, plus corrosive qu’il n’est accoutumé dans le ballet final, qui vire au cauchemar en noir et blanc.

B.Th .- Le canard enchaîné

Cure de jouvence pour « le Malade Imaginaire »

« …Au Français, la pièce sera donnée dans une version modernisée ; la comédie -ballet créée à Versailles en 1673 avec la musique de Lully a été abandonnée au profit d’une composition moderne. « Si j’ai articulé la pièce autour d’un vieux couple qui se chamaille Argan (A. Pralon) et la soubrette (C.Hiegel), pour préserver son rythme, il était indispensable de conserver les deux intermèdes, explique C.Stratz. je n’ai pas voulu un arrangeur, mais un compositeur. Ainsi M.O.Dupin a-t-il écrit une partition pour clavecin et viole de gambe accompagnant sur scène quatre chanteurs et tous les comédiens dans le carnaval final. »

Agnès Dalbard - Le parisien

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15 février 2007

Master-Classes de technique vocale

auprès d'une maitrise d'enfants à Bellefort

Article_Est_R_publicain___12Article_Le_Pays_de_Franche_Comt____12

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